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Procès Sankara : le procès des responsables présumés du meurtre de Sankara a été reporté au 25 octobre.


11 octobre 2021 - 109 vues

Le procès des auteurs présumés du meurtre, pendant le coup d'État de 1987, du révolutionnaire burkinabè Thomas Sankara, alors président du pays âgé de 37 ans, a été renvoyé ce lundi au 25 octobre prochain, à la demande de deux avocates de la défense, qui ont demandé plus de temps pour consulter les pièces du dossier.

À peine ouvert, ce lundi 11 octobre, le procès de l'assassinat du « père de la révolution burkinabè », Thomas Sankara, a été repoussé au 25 octobre prochain à 9 heures. Le président du tribunal militaire de Ouagadougou, M. Urbain Méda, a accepté une requête de deux avocates de la défense, qui estimaient ne pas avoir eu assez de temps pour consulter « les 20 000 pièces du dossier ». Ils avaient réclamé un délai d'un mois, au nom de " la manifestation de la vérité ". Ils ont obtenu deux semaines, tandis que la capitale est aujourd'hui en haute sécurité pour ce moment important.

Commises d’office, relativement tard de surcroît, les avocates de la défense ont expliqué n'avoir obtenu le volumineux dossier d’instruction qu’un mois avant l’ouverture du procès, relate notre envoyée spéciale à Ouagadougou, Gaëlle Laleix. Par conséquent, toutes les parties ont convenu qu'un renvoi était raisonnable, étant donné le délai limité dont disposait la défense pour examiner le dossier. " Nous souhaitons que ce procès soit exemplaire ", a déclaré Guy Hervé Kam, conseiller juridique des parties civiles. 

La veuve du président Sankara, Mariam, qui vient de donner une interview à RFI, était présente à l'ouverture du procès. " C'est une journée de vérité pour moi, ma famille et tout le peuple du Burkina Faso ", a-t-elle dit le matin. Elle va devoir attendre plus longtemps. D'un autre côté, l'accusé principal, l'ancien chef d'État Blaise Compaoré, 70 ans, ne s'est pas présenté au tribunal. L'ancien camarade d'armes, grand ami et ministre de Thomas Sankara, arrivé au pouvoir en 1987 et renversé en 2014, vit en Côte d'Ivoire.

Douze des 14 défendeurs étaient présents lors de l'ouverture. Parmi eux : le général Gilbert Diendéré, 61 ans, apparaît en tenue militaire. Celui qui figurait parmi les principaux chefs de l'armée burkinabè lors du putsch, avant de devenir chef d'état-major particulier du président Compaoré, purge une peine de vingt ans de prison, pour une autre tentative de coup d'État, en 2015. On l'accuse, comme M. Compaoré, de " complicité de meurtre ", de " dissimulation de cadavres ", d'atteinte à la sécurité de l'État ".


Des soldats de l'ancienne garde présidentielle de M. Compaoré, parmi lesquels l'ancien adjudant-chef Hyacinthe Kafando, chef présumé du commando ayant assassiné Thomas Sankara, et actuellement en fuite, sont également accusés dans ce procès. Le 15 octobre 1987, quelques années après avoir été porté au pouvoir par un coup d'État en 1983, le capitaine Sankara a été tué avec douze de ses collaborateurs, alors qu'il dirigeait une réunion au siège du Conseil national de la révolution (CNR).

Remarquez qu'une autre question a été tranchée : la permission de filmer le procès n'a pas été accordée. Les parties civiles ont estimé que ce serait bien pour le pays de préserver les archives audiovisuelles. C'est ce que prévoit la Loi dans des circonstances exceptionnelles. Mais la cour a statué différemment. " La cour n'a pas pour rôle d'établir des archives historiques ", a déclaré l'avocat de la défense Moumouny Kopiho. C'est dommage, à l'avenir, nous n'aurons plus de trace, regrette Luc Damiba, secrétaire général du comité commémoratif de Thomas Sankara. Les juges ne se sont pas rendu compte de l'importance historique de ce procès, ni de la nécessité pour le continent africain de conserver ces archives. "

La majeure partie de l'audience a été consacrée à la participation de nombreux évaluateurs militaires aux côtés des deux juges civils. Il y en a trois qui ont des remplaçants. 

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