Côte d’Ivoire / 8ème édition de l'Africa CEO Forum à Abidjan : Les chefs d'État africains présentent des mécanismes de résolution des crises

15 juin 2022 à 15h34 - 129 vues

Les Chefs d'Etat africains Macky Sall (Sénégal) et Mohamed Bazoum (Niger) et le Vice-Président ivoirien,Tiémoko Meyliet Koné ont donné des pistes de réflexions face aux crises climatiques, alimentaires et sécuritaires auxquelles sont confrontés l'Afrique en général. Ces interventions ont été faites lors d'un panel présidentiel le mardi 14 juin 2022 au Sofitel Hôtel Ivoire en marge de la 8ème édition de l'Africa CEO Forum à Abidjan tenu sur deux jours (13 au 14 juin) à Abidjan.


Sur parole, le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall a indiqué que la monoculture en Afrique constitue une entrave au développement et à l'industrialisation de nos cultures. D'après lui, la terre s'appauvrit et se dégrade en raison de son fonctionnement sans engrais. Selon le président du Sénégal, la crise russo ukrainienne n'est pas propice à l'exportation de produits comme les engrais et le blé.

Ce qui augmente le taux de faim. C'est pourquoi il a exhorté les Etats africains à mettre en place des mécanismes pour importer ces nécessités. Comme les pays européens l'ont fait face au refus d'exporter du gaz russe. Ils ont trouvé un moyen de faire face aux sanctions que certains États ont imposées à la Russie.

S'exprimant au sujet des changements climatiques, le Président Macky Sall a présenté ses attentes quant à la tenue de la COP27 en Égypte. « Nous nous attendons à une justice climatique qui tienne compte de nos réalités, de nos besoins, de la création d'emplois. C’est mon espoir pour la Cop 27. Et je pense qu’on y arrivera », espère-t-il. Pour le chef de l'Etat sénégalais, la Cop 27 est un événement important qui se déroule en Afrique en cette période de transition énergétique.
« Nous polluons moins de 4%. L’Afrique s’est, malgré tout, engagée contre le réchauffement climatique. Au Sénégal, nous avons 31% d’énergies renouvelables. Il est inacceptable que l'on interdise les combustibles fossiles.Ce serait signer notre arrêt de mort. Nous devons faire en sorte que le continent puisse développer ses ressources.Que ceux qui exploitent depuis un siècle nous l’interdisent relève d’une injustice » a martelé Macky Sall.


Le Président du Niger a exposé les difficultés auxquelles son pays est confronté, notamment l'insécurité alimentaire. Selon Mohamed Bazoum, quatre millions de Nigérians se trouvent dans une situation d'insécurité alimentaire. C'est pourquoi l'État nigérian s'est engagé dans une phase de distribution de céréales aux familles pauvres. Il a par ailleurs donné les raisons de cette situation.

Le Niger est une terre sahélienne

Une bonne partie de son territoire n’est pas propice à l’agriculture. Ce n’est que dans la bande sud que la terre est cultivable. 
Le pays est également confronté à de faibles précipitations. À cela s’ajoute le terrorisme, la pandémie de la Covid-19 et la guerre et Ukraine qui contribuent à rendre chère les prix des denrées alimentaires et à accroître les difficultés d’approvisionnement en céréales.


Pour combattre le terrorisme,le Chef de l’État du Niger a insisté sur le fait que l’une des solutions envisagées et mises en œuvre par son pays, est la promotion d’une gouvernance qui rend les institutions solides et stables. Même s'il avoue qu'il ne faut pas non plus négliger l'appui aux forces armées. Mohamed Bazoum a également expliqué que son pays s'est engagé à s'assurer que ses jeunes soient démobilisés face au terrorisme. Car, « les jeunes ne suivent pas les terroristes par conviction ou par idéologie » a-t-il soutenu.

Le vice-président de Côte d‘Ivoire, Meyliet Koné Tiémoko, a, quant à lui, appelé à la maîtrise de la production vivrière saisonnière en vue de remédier à l’insuffisance alimentaire en Afrique. « La production alimentaire est assez élevée en Côte d'Ivoire, même si nous n'avons pas encore atteint l'autonomie alimentaire », a-t-il déclaré.

A l’en croire, l’atteinte de l’autosuffisance pour une sécurité alimentaire ne sera possible que si plusieurs facteurs sont pris en compte dans la gestion des productions agricoles, notamment la saisonnalité.

«Le problème c’est la saisonnalité. Elle doit être maîtrisée pour qu’il y ait une disponibilité à tout moment, c’est-à-dire qu’il faut maitriser, un certain nombre de facteurs de production pour que cette production soit beaucoup plus constante dans le temps pour permettre une consommation sur une longue période», a-t-il indiqué.

Tiémoko Meyliet Koné a réitéré l'engagement et les actions déjà engagées, initiées par le Gouvernement ivoirien. Et cela, à travers différents programmes, pour réaliser cette autosuffisance alimentaire au bénéfice des populations. Les différents intervenants ont appelé à une synergie d’actions en vue de doter l’Afrique en général et la sous-région en particulier en particulier les pays du Sahel de moyens de productions pérennes. 

Afin de veiller à la sécurité alimentaire,tout en palliant les crises d’ordre climatique. Bien avant, Makhtar Diop, Directeur Général de la Société financière internationale (IFC) a indiqué que les questions qui ont été abordées pendant ces deux jours de réflexions permettront au continent d'amortir les chocs du futur.

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