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Côte d'Ivoire : le tambour parleur ébrié pourrait revenir en Côte d'Ivoire en 2022.


29 novembre 2021 - 237 vues

Il s'agit d'une œuvre unique qui sera restituée par la France en Côte d'Ivoire. Le tambour parleur du peuple atchan, connu sous le nom de Djidji Ayokwe, sera restituée après le vote d’une loi spécifique, sans doute pas avant la fin de l’année 2022. Silvie Memel Kassi, la directrice du Musée des civilisations de Côte d'Ivoire qui accueillera l’oeuvre, s’est rendue la semaine dernière au Musée du quai Branly à Paris pour le voir. Ce tambour long de 3,31 mètres et qui pèse 430 kilos est en « bon état »,  même s’il est « un peu vermoulu » au niveau de sa base. Ce qui pourrait demander un peu de restauration.

Le constat est plutôt rassurant. Plus de 100 ans après avoir été conçu, le Djidji Ayokwe est en " bonne santé ". C’est l’analyse faite par Silvie Memel Kassi, la directrice du Musée des civilisations de Côte d'Ivoire, après sa découverte de l’œuvre la semaine dernière au Musée du quai Branly à Paris. Une bonne nouvelle qui n’allait pas forcément de soi : certaines sources avaient récemment laissé entendre que cette pièce massive - qui n’est pas exposée au public - était en état de fragilité.

Néanmoins, ce tambour de 3,31m de long et qui pèse 430 kg apparaît « un peu vermoulu » au niveau de sa base - comme on peut le voir sur la photo - car il n’aurait pas été conservé dans les meilleures conditions lors de sa saisie il y a un siècle par les colons français. Étant donné que la pièce sera bientôt rendue à la Côte d'Ivoire, il revient maintenant aux autorités ivoiriennes de décider ce qui doit être entrepris. L’idée d’une petite restauration est sur la table même si le projet pourrait faire débat dans le pays.

« Si on essaie de faire une restauration, s’interroge Silvie Memel Kassi, est-ce que ça ne va pas altérer la sonorité parce qu’on sait que c’est un objet qui émettait quand même un son qui s’entendait à des kilomètres ? Les gens l'ont taillé dans un ordre précis afin que tous les paramètres relatifs au son soient pris en compte. C'est donc la question que nous allons poser afin que les collectivités et les scientifiques puissent prendre une décision. " Afin d'approfondir la réflexion, un expert du Musée d'Abidjan devrait visiter Paris sous peu.

Une restitution en 2022 ?

Cependant, une restauration éventuelle ne devrait avoir aucune incidence sur le moment du retour. Parce que cet objet ne retournera pas immédiatement en Côte d'Ivoire. Quant aux ouvrages rendus au Bénin et au Sénégal, une loi spécifique devra être adoptée par le parlement français. Le texte peut-il être adopté avant la fin du mandat de mai prochain? À première vue, cela semble complexe. En raison de la campagne présidentielle, le travail de l'Assemblée nationale et du Sénat s'achève entre février et juin. Le calendrier parlementaire pour les prochaines semaines est déjà complet. Pas sûr de toute façon que la majorité ait à cœur de présenter en pleine campagne présidentielle un texte sur une restitution d’œuvre d’art, principe qui irrite une partie de la droite et l’extrême-droite.

L'hypothèse d'un vote de la loi au cours du second semestre 2022 apparaît donc plus vraisemblable. A condition bien entendu que le futur président et sa nouvelle majorité soient en faveur de ce projet. Djidji Ayokwe ne devrait donc pas retourner en Côte d'Ivoire pendant plusieurs mois. Sauf décision des autorités françaises de déposer le tambour à Abidjan avant le vote de la loi. Le scénario n’est pas à exclure. Paris l'a déjà fait avec le Sénégal et depuis peu avec Madagascar. La couronne du dais de la reine Ranavalona III avait été remise en prêt l’an passé aux autorités malgaches alors que la loi permettant le transfert de propriété n’a toujours pas été voté.

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