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Menaces djihadistes aux frontières nord/Le général Lassina Doumbia :‘‘ Nous sommes préoccupés mais pas inquiets ’’


24 novembre 2021 - 80 vues

Abidjan a été l'hôte de la réunion des chefs de cabinet des armées de la CEDEAO du 17 au 19 novembre. Le général de corps Lassina Doumbia, chef d'état-major général des armées de Côte d'Ivoire, a gentiment répondu à certaines de nos préoccupations.


Général, à quoi pouvons-nous nous attendre d'une telle réunion, qui réunit les chefs d'état-major des pays de la sous-région ?
Une solidarité active entre nos armées, du partage de l'intelligence à la réalisation d'opérations conjointes. Grâce au soutien institutionnel de la CEDEAO. L'axe de travail étant les pays du front pour empêcher la rupture du barrage. Je crois que j'ai la même espérance que tous les Cemga présents.

Quelle est exactement la situation dans le nord de la Côte d'Ivoire à la suite des récentes attaques ?
Nous contrôlons nos terres et sommes prêts à répondre à n'importe quelle éventualité. Je rappelle qu'il s'agit d'une menace asymétrique; En conséquence, les acteurs ne sont pas clairement identifiés et sa principale caractéristique est son imprévisibilité. Il serait donc prétentieux de notre part de dire que nous sommes parfaitement en contrôle de celui-ci, mais une chose est certaine, nous sommes dans les dispositions pour le traiter. Peu importe comment il évolue, nous allons faire avec. Maintenant, il faut éviter de tomber dans l’émotion et arriver à faire la différence entre les actes qui relèvent de la grande criminalité et qui ne sont pas nouveaux sur notre territoire et ceux s’apparentant à des actes terroristes. Si nous avons des inquiétudes, nous n'en avons pas.
D'après les renseignements, le parc de Comoé servirait de base aux terroristes et serait difficile à contrôler par nos forces, n'est-ce pas inquiétant?

Premièrement, j'aimerais souligner que chaque armée forme ses forces selon les aspects géographiques de son territoire. Il serait donc incompréhensible d’affirmer que les armées de Côte d’Ivoire éprouvent des difficultés à manœuvrer en zone forestière. Même si, c’est un fait, la manœuvre y est plus complexe. Nous agissons donc tous les jours, pour que le parc de la Comoé ne soit pas sanctuarisé par les Groupes armés terroristes et garder notre liberté de manœuvre. Je n’en suis pas inquiet, mais préoccupé.

La nouvelle configuration de Barkhane est-elle un point d’inquiétude ?

Les chefs militaires que nous sommes, dont le rôle est d’apporter des solutions en toutes circonstances, ne pouvons parler d’inquiétude, qui pourrait nous faire perdre la sérénité indispensable à la réflexion, mais plutôt de préoccupations. Oui, cette situation nous préoccupe, et nous allons y réfléchir et convenir certainement de mesures d’anticipation pour préserver nos territoires et protéger nos populations.

Le gouvernement ivoirien revendique le renforcement des capacités des armées. Avez-vous désormais tous les moyens ?
Il faut peut-être préciser que notre premier moyen dans cette lutte, ce sont les hommes et leur formation. Nous nous faisons un devoir de nous assurer que les hommes reçoivent la bonne formation.

Ensuite, le Président de la République a pris des mesures exceptionnelles pour nous permettre de renforcer nos effectifs et le recrutement est en cours et se poursuivra. Quant à l'équipement demandé, ils ont tous obtenu un avis favorable, comme le ministre d'État et le ministre de la Défense l'ont dit tout à l'heure. Maintenant, le matériel militaire n'est pas vendu sur les tablettes, et pour certains d'entre eux, à un niveau technique élevé, il faut un certain temps.

Mais de toute façon, il faut y faire face et on va y faire face avec les moyens qui sont les nôtres. Il n'y a aucune autre option. Je n’oublierai pas de dire aussi que l’État a mis en œuvre un certain nombre de mesures pour marquer sa présence et sa solidarité envers les populations dans les zones affectées. Toutes les mesures visant à préserver notre pays ne sont donc pas uniquement militaires.

Vous rassurez donc les Ivoiriens...

L'optimisme non qualifié n'est pas l'une des vertus des militaires. D'un autre côté, je peux leur dire que leurs armées feront leur devoir, confiantes du soutien de l'Etat. Mais sans eux, sans leur collaboration, sans leur pleine et entière adhésion à ce combat, tous ces efforts pourraient être futiles. Je plaide donc pour la solidarité nationale. Propos recueillis par

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